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# Interview Jean-Raoul Baudry (coach ADA 1985-1995)


Arrivé sur Blois à l’âge de 5 ans, Jean-Raoul Baudry a commencé le basket à l’ADA Blois à l’âge de 8 ans. Hormis une année passée dans le club voisin des Montils afin de préparer dans de bonnes conditions son concours de professeur d’EPS, il aura passé l’intégralité de sa carrière de basketteur à l’ADA. Sorti du CREPS de Nancy en 1982, il devient responsable de la section sport étude basket du Lycée Dessaignes à Blois en 1983.

A l’initiative d’un projet ambitieux pour le basket à Blois, le président de l’époque, Bertrand Léger, lui propose de prendre les rênes de l’équipe première en 1985. D’abord entraîneur-joueur jusqu’en Nationale 4, il se consacrera ensuite uniquement au coaching d’une formation qu’il aura fait accéder de la Régionale 2 à la Nationale 2 en l’espace de 4 saisons (1987 à 1991). Après de très belles années en Nationale 2, dans ce qui était à l’époque la 3ème division du basket français, il prend la décision d’effectuer sa dernière année à la tête de l’équipe à l’aube de la saison 1994/1995. Il n’imaginait alors pas que cette dernière saison allait être une saison galère qui se terminerait par un dépôt de bilan malgré un maintien en N2 acquis sportivement sur le parquet. Toujours proche de l’ADA aujourd’hui, Jean-Raoul a gentiment accepté de répondre à nos questions.

Quand as-tu senti que cette année serait enfin la bonne pour l’ADA ?

En fait, les choses se sont bien présentées dès la présaison. Un bon recrutement est primordial et Mickaël Hay a pu obtenir à tous les postes les joueurs qu’il souhaitait. Le seul petit bémol a été la blessure de Julien Bestron mais les dirigeants ont très vite réagi en faisant appel à Jason Jones qui s’est très vite adapté.

L’ADA aura finalement dominé ce championnat de la tête et des épaules. Selon toi, qu’est-ce que cette équipe avait de plus que les autres formations ambitieuses de ce championnat cette saison ?

En premier lieu, un vrai projet de jeu. Avoir des joueurs talentueux individuellement est une chose, les faire (bien) jouer ensemble en est une autre. Mickaël a réussi à faire adhérer l’intégralité des joueurs à son projet. Rapidement, on a pu sentir que cette équipe se montrait très solidaire, notamment sur le plan défensif. Quand tu possèdes une assise défensive très solide, cela te permet déjà d’avoir certaines garanties. Ensuite, la force de ce groupe, c’est aussi qu’aucun joueur n’a cherché à tirer la couverture à lui.

Cette accession en Pro B, c’est aussi la récompense d’un travail de longue haleine ?

J’étais présent le soir de l’accession face à La Rochelle et à la fin de la rencontre, Philippe Daudin est venu me voir en me disant qu’avec Bertrand Léger, nous y étions pour quelque chose, évoquant ce travail initié depuis de nombreuses années. C’est, bien-sûr, la concrétisation du travail fourni par de très nombreuses personnes depuis plus de 20 ans. Le club a su progresser et se structurer petit à petit et en récolte les fruits aujourd’hui.

A la rentrée, l’ADA jouera donc pour la première fois de son histoire en Pro B. Est-ce que tu penses que le club est prêt pour faire face aux exigences de cette division ?

Je pense que oui. Sur le plan purement économique, les sponsors devraient suivre. Le BCE est à ce titre un atout de poids pour le club. Sur le plan structurel, c’est différent. Il va falloir, dans un premier temps, bien gérer la transition en attendant la livraison du Jeu de Paume et il serait bien qu’un Centre de Formation puisse voir le jour prochainement.

Tu évoques le Jeu de Paume. Que penses-tu de l’arrivée prochaine de ce nouvel équipement ?

C’est un outil qui était indispensable pour que le club puisse évoluer en Pro B de manière pérenne. Maintenant, on peut regretter que la voilure ait été réduite. La jauge en configuration basket (2200 places) en fera en quelque sorte une salle « entre deux eaux ». Même si bien sûr, cela n’aura rien de comparable avec le palais des sports, on risque de se retrouver rapidement à l’étroit. Ce sera certainement très délicat de promouvoir l’activité basket via des invitations (Collèges, Lycées).

Personnellement, tu as donc vécu plusieurs montées en tant que coach. Comment à l’époque tu avais géré cette ascension fulgurante ?

Tout est effectivement allé très vite et il a fallu s’adapter. De 3 à 4 entraînements par semaine en Régionale 2, nous sommes passés à 10 entraînements par semaine en Nationale 2. Au départ, je n’avais évidemment que des joueurs amateurs. Mais très vite, nous avons dû faire appel à des joueurs professionnels. Le premier d’entre eux a été un polonais, Zichou Raczek. Mon emploi du temps était très serré car il fallait que je jongle avec mon activité professionnelle. A l’époque, en plus des entraînements, de l’analyse vidéo et du recrutement, le coach devait aussi gérer l’intendance au quotidien. Je « vivais » basket en quelque sorte.

A la suite de ton arrêt en 1995, tu es resté proche de l’ADA Basket. Tu as donc connu toutes les années de l’ADA en NM1 depuis 10 ans maintenant. Comment as-tu perçu l’évolution de cette division lors de ces dix dernières années ?

Le niveau de jeu s’est vraiment élevé, notamment sur l’aspect physique. Les clubs se sont de plus en plus professionnalisés à tous les niveaux. Aujourd’hui, la majorité des clubs de Nationale 1 possèdent une structure commerciale, un secrétariat et également une structure médicale proche et très performante. Les changements de réglementation, avec notamment la possibilité de recruter plusieurs étrangers, ont également largement contribué à l’évolution de la division.

Cela fait donc de très nombreuses années que tu es « baigné » dans le basket blésois. Peux-tu nous citer un événement marquant et une anecdote qui t’ont marqués ?

Lorsque j’ai vu les joueurs porter Mickaël à la fin du match contre La Rochelle, cela m’a ramené quelques années en arrière. Je me souviens que lors de notre accession en Nationale 2, mes joueurs m’avaient porté de la même manière et ça reste un très grand souvenir. Au rayon des anecdotes, il y en a évidemment beaucoup mais je me souviens d’un appel d’Etienne Preira dans la nuit pour un problème de panne de gaz. C’était une autre époque !

Que penses-tu de l’évolution du basket français ces dernières années ?

On peut se féliciter des différentes politiques fédérales qui sont menées et qui portent leur fruit avec notamment le 3X3 et l’accessibilité au basket dans les quartiers difficiles. On peut aussi se réjouir des résultats probants des équipes de France Féminine et Masculine qui contribuent à valoriser notre discipline et à véhiculer une bonne image. Le basket est un sport très télégénique et on en voit de plus en plus sur le petit écran, c’est une bonne chose. Ce qui serait bien, c’est de responsabiliser davantage les joueurs français pour qu’ils puissent progresser davantage.

Jean-Raoul Baudry sera présent le samedi 30 avril lors de la fête du club



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