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Philippe Daudin : "Un club fort de part son histoire et son environnement"


Président du BCE (2001 -2004) puis président de l’ADA Basket (2004-2013), Philippe Daudin a également été joueur à l’ADA durant les années 70. Ce passionné de la balle orange est retombé dans le basket à la fin des 90 en suivant son fils qui jouait à Vineuil. C’est par l’intermédiaire d’amis qu’il est revenu à l’ADA où il a fait partie d’un comité de réflexion autour de Jean-Claude Botton lors de la saison 1999/2000. Il intègre ensuite l’organigramme du club et en prend la présidence après avoir très longuement hésité. L’une de ses missions a été d’amener le club vers le professionnalisme.

Au-delà de cette marche qui a été longue à gravir, il a toujours veillé, en parallèle, à ce que le club ait une situation financière saine. Ayant passé la main à Paul Seignolle après « avoir mis sa tête sous le couperet de la Nationale 1 », Philippe Daudin revient sur la montée en Pro B, ses années de présidence et se projette également sur l’avenir du club qui aura selon lui besoin rapidement d’une salle plus grande pour poursuivre sa progression et développer ses projets.

Quand avez-vous senti que cette année serait la bonne pour l’ADA ?

Seulement 15 minutes après l’accueil des joueurs en août dernier. D’emblée, j’ai senti un groupe impliqué et concentré. Les joueurs étrangers posaient des questions pertinentes et j’ai de suite compris que cette équipe là aurait une mentalité au dessus de ce qu’on avait pu avoir jusqu’à présent. Mickaël Hay a de son côté réussi à hiérarchiser les joueurs sans en laisser un seul de côté. Nous avons également eu la chance de ne pas être victime de blessures majeures au sein de l’effectif durant toute la saison.

Vous êtes aujourd’hui toujours impliqué à l’ADA puisque vous êtes vice-président. Quel est votre rôle ?

J’essaye de faire part de mon expérience en tant qu’ancien président. Je suis également là pour épauler et conseiller Paul et le remplacer lorsqu’il est absent. J’ai en quelque sorte un rôle de sage.

Qui a eu l’idée de créer le BCE (Basket Club Entreprises) ? Qu’avez-vous fait pour le développer ?

Le BCE a été créé en 2001 à l’initiative de Claude Derue et de Jean-Claude Botton. Au départ il y avait seulement quelques entreprises adhérentes. Claude Derue et Hugues Chollet allaient sur le terrain pour recruter de nouveaux adhérents. En tant que président du BCE (2001/2004), mon rôle était de créer de la cohésion et du lien. Je servais en quelque sorte de « caution ». Nous avons également mis en place et développé les pots VIP et ensuite les repas privilèges dans le but de fidéliser les partenaires. Quand j’ai quitté la présidence du BCE en 2004, le nombre d’entreprises adhérentes se situaient de mémoire entre 60 et 80. Aujourd’hui, c’est plus de 170 partenaires qui soutiennent l’ADA Basket.

Après avoir cédé la présidence du BCE à Jean-François Huet, vous avez pris la présidence de l’ADA Basket en 2004. Comment s’est effectué ce changement ?

Même si j’ai longuement hésité à prendre la présidence, cette transition s’est effectuée très facilement dans la mesure où je connaissais déjà tous les membres du bureau compte tenu de mon rôle au sein du BCE. Le plus difficile pour moi a été de m’immerger dans le monde du basket amateur. Mais j’ai été très bien accompagné par Jean-Claude Botton.

Vous avez donc été président de l’ADA Basket entre 2004 et 2013. Durant ces 10 années, la NM1 s’est professionnalisée. Comment s’est traduite cette évolution au sein du club ?

Il a fallu à la fois grandir et subir l’évolution de la division. Il faut savoir que la Nationale 1 est la machine à laver du basket français avec un brassage permanent puisque chaque année, la division est renouvelée d’un tiers du fait du nombre important de descentes. Il y a quelques années, on rencontrait encore des équipes dans lesquelles certains joueurs n’étaient pas tous professionnels. Durant nos nombreuses années en Nationale 1, nous avons rencontré des clubs emblématiques tels que Limoges, Monaco, Boulazac, Saint-Vallier, Vichy ou encore Bordeaux. Nous avons donc été amenés à échanger des idées avec certains dirigeants de ces clubs de manière à poursuivre notre progression en termes de structuration. Ensuite, les changements de réglementation avec la possibilité de recruter plusieurs étrangers ont également fait évoluer le niveau. Nous avons également progressé au niveau l’intendance et l’accompagnement médical mais tout cela est une suite logique de l’évolution de la division. Nous avons également acquis une certaine légitimité auprès des agents et des joueurs grâce au sérieux du club. La réussite au plus haut niveau de jeunes comme Kévin Dinal et Jonathan Tornato donne également du crédit au club qui fait preuve d’un certain savoir faire.

Quel est votre meilleur souvenir en tant que président ?

En tant que président, c’est notre montée de N2 en N1 lors du Final Four à Landerneau avec le titre de champion de France de N2. A partir de ce moment là, nous sommes en quelque sorte entrés dans la cour des grands. Depuis que je suis à l’ADA, la saison que l’on vient de vivre a vraiment une saveur particulière. Il n’y a pas eu de doute, on a été épargné par les blessures et on a vu du beau basket. Des saisons comme celle-ci, tout le monde en rêve !

Compte tenu des circonstances, on imagine que la finale perdue face à Souffel est à l’inverse votre plus mauvais souvenir ?

Oui, sans aucun doute. J’avais mis ma « tête » en jeu en cas d’échec. C’était en plus la deuxième défaite consécutive en finale. Tout avait été très compliqué durant toute la saison et ça s’est en plus mal terminé avec Hugues (Occansey). Je n’avais qu’une seule envie à l’issue du match, celle de m’enfuir. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait après être passé dans les vestiaires. Il y avait de l’amertume, de la frustration et beaucoup de déception. C’est finalement un lourd investissement qui s’écroulait.

Compte tenu des problèmes d’homologation du palais des sports, est-ce que finalement ce n’est pas plus mal que la montée ne soit pas intervenue plus tôt ? Pensez-vous que le club soit prêt à faire face aux exigences de la Pro B ?

Si nous étions montés avant, cela aurait forcément été une autre histoire. Quoi qu’il en soit, nous aurions su trouver des solutions pour exister en Pro B. Maintenant, les échecs du passé ont également permis au club de grandir et de continuer à se structurer. L’ADA Basket est un club très fort de part son histoire et son environnement. La pérennité, son rôle éducatif et sociologique ainsi que son savoir faire sur le plan entreprise/événementiel sont autant de valeurs sur lesquelles le club peut s’appuyer pour poursuivre sa progression. L’ossature du club est vraiment solide avec des progrès financiers constants depuis plusieurs années. Le cap passé aujourd’hui par le club est le fruit d’un travail collectif mené depuis de très nombreuses années par de nombreux acteurs. L’écosystème du club est très costaud donc tous les éléments sont réunis pour que le club appréhende au mieux la Pro B et qu’il s’installe durablement parmi les 30 meilleurs clubs du basket français.

Que pensez-vous de l’arrivée prochaine du Jeu de Paume ?

C’est un échec aussi bien pour la ville que pour le club. Cet outil aura le mérite d’exister mais il trop petit, trop cher et trop coûteux d’utilisation. Avant même d’entrer dedans, on sait déjà que nous serons limités. Au final, cette salle est un compromis qui ne va satisfaire personne. Un équipement plus grand sera rapidement nécessaire pour continuer à fédérer toute l’agglomération, voire l’ensemble du département, autour d’un projet sportif et sociétal. Cet équipement sera une étape obligatoire pour que le club puisse s’ouvrir de nouveaux horizons. Cela pourrait permettre de promouvoir l’activité basket auprès de collèges et de lycées via des invitations mais aussi auprès de la population en général qui attend un moment, un lieu pour trouver les racines de son lieu de vie et travail. Cet outil basket pourrait permettre au club d’être un véritable point d’ancrage sur le territoire.

Que doit faire l’ADA pour continuer à développer ses projets ?

Le club sait ce qu’il a à faire et sait où il va. A ce sujet, Paul Seignolle fera un point le 14 juin prochain sur les projets en cours et posera les pierres de futurs projets pour les années à venir. Les choix politiques devront donc être clairs par rapport aux ambitions du club qui sont de sortir le basket de la salle, notamment par une pratique de l’activité dans les quartiers Nord de la ville, et de résoudre différents problèmes territoriaux.



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